Une Eglise missionnaire

Le cadre de notre péricope se situe dans un contexte de la mission. On ne le répète jamais assez qu’une Eglise qui n’est pas missionnaire est démissionnaire.

Faire des disciples est la plus grande mission que Jésus-Christ a confiée à ses disciples avant son ascension: « Allez et faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. » (Mat.28 :19).

Faire des disciples, les baptiser et les enseigner. Tout un programme, mais aussi quel défi !

« Vous êtes la lumière du monde, a dit Jésus. Une ville située sur une montagne ne peut pas être cachée, et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » (Mat. 5 :14-16)

Nous cachons notre lumière, en nous taisant au lieu de parler, en nous conformant au monde en vivant dans le péché, ou en évitant de parler de cette lumière aux autres tout en ignorant leurs besoins. Soyons des flambeaux de vérité et ne privons pas le monde de la véritable lumière! On comprend l’insistance de Jésus demandant que l’on prie le Maître de la moisson de bien vouloir envoyer des ouvriers à sa moisson.

En réalité, le seul et l’unique missionnaire de Dieu, c’est Jésus, le « Fils » que Dieu a envoyé pour nous racheter (Gal. 4, 4). Notre mission n’est que la reprise actualisée de la sienne, et sous la conduite de son Esprit. Notre message résume tous ses enseignements : « convertissez-vous, le Règne de Dieu s’est approché ». Et cette proclamation du Règne de Dieu va s’accompagner de gestes, d’actions et de signes de miséricorde, signifiant l’ordre donné par Jésus : « Guérissez les malades, chassez les démons ».

Retour joyeux des disciples

Lorsque les 70 disciples reviennent de mis­sion, ils sont tout fiers comme des soldats qui ont accompli leur mission, ils sont tout fiers car ils ont vu l’efficacité de la Parole de Dieu, ils ont vu l’efficacité de l’invocation du nom de Jésus, ils ont vu des hom­mes délivrés de l’esprit du mal et ils en sont si heu­reux qu’ils viennent dire au Seigneur : «Cela a bien marché ! ». 

Les soixante-dix revinrent avec joie, disant : Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom ». Ils semblent se réjouir bien plus de ce qu’ils ont opéré des miracles, que d’avoir été les ministres de la prédication. Et cependant ils devaient bien plutôt mettre leur joie dans ceux qu’ils avaient gagnés à l’Évangile, à l’exemple de saint Paul, qui disait à ceux qui avaient été appelés à la foi par ses prédications : « Vous êtes ma joie et ma couronne.» (Phil. 4,1)

La vraie raison de se réjouir

En disant « Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair ; je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi, et rien ne pourra vous nuire », Jésus semble leur dire : effectivement, j’étais si proche de vous pendant votre mission, j’étais telle­ment au cœur de votre action que je voyais la face invisible de ce que vous contempliez de façon visible.  Vous, vous voyez la face humaine de l’homme déli­vré, de l’homme libéré de la puissance du mal. Moi je voyais la face invisible de ce qui s’accomplissait par vos mains, « je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair. »  Ce n’était pas une vision de chair et de sang que Jésus avait à ce moment-là, c’était la vision même de l’accomplissement de l’invisible du Royaume au milieu de l’humanité. « Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair» Il le compare à l’éclair, pour signifier la rapidité avec laquelle Satan a été  précipité du haut du ciel au fond des abîmes et qu’il est foulé aux pieds par tous ceux qui adorent Jésus-Christ.

Notre Seigneur vit bien que la joie de ses disciples était mélangée de vaine gloire ; car ils se réjouissaient surtout d’avoir reçu une puissance qui les élevait au-dessus des autres hommes, et les rendait terribles aux hommes et aux démons. Aussi ajoute-t-il : « Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ». Il leur défend, simples mortels qu’ils sont, de se réjouir de ce que les esprits leur sont soumis ; car le pouvoir de chasser les esprits ou de faire d’autres miracles, ne vient pas du mérite de celui qui les opère mais de l’invocation du nom de Jésus-Christ, qui produit ces effets miraculeux pour la condamnation de ceux qui l’invoquent, ou pour l’utilité de ceux qui sont témoins de ces prodiges.

Le Sauveur se hâte de réprimer ce mouvement d’orgueil dans le coeur de ses disciples, et il leur rappelle la chute trop justement méritée du maître de l’orgueil, pour leur apprendre, combien ce vice était redoutable : « Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair ». L’orgueil est à l’origine de tous les vices : il est lié aux autres Péchés comme la vaine gloire, la jalousie, la colère, la tristesse, l’avarice ou la luxure. Mais pourquoi, Seigneur, ne permet-il pas à ses disciples de se réjouir de la puissance que lui-même leur avez donnée, alors qu’il est écrit : « Il se réjouit sans cesse de ton nom» (Ps. 89,17).  C’est que le Sauveur les invite à une joie beaucoup plus grande et plus pure « Réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux ». Comme s’il leur disait : Ce n’est pas de l’humiliation des démons, mais de votre élévation, qu’il faut vous réjouir. Les noms des saints sont écrits dans le livre de vie, non pas avec de l’encre, mais par la grâce et la miséricorde de Dieu ; et tandis que le démon tombe des hauteurs où Dieu l’avait élevé, les hommes placés au-dessus de lui, sont inscrits dans le livre des cieux.

Pasteur Hary ANDRIAMBELOMA

Prédication du 22.02.2015 à Eglise Luthérienne Franco-Malgache de Paris